Pendant trente-neuf ans, la loi de 1891 a contenu le pari mutuel dans une enceinte précise : « sur leurs champs de courses exclusivement ». Six mots qui interdisent à un ouvrier de Paris ou un commerçant de province de miser sur les courses de Longchamp. Il faut être sur place. Le 12 mars 1930, la Chambre des députés vote la suppression de ces six mots. La loi de finances du 16 avril l'entérine. Le décret du 11 juillet officialise la chose. Et le 3 mars 1931, un parieur prend pour la première fois en France une mise sur un cheval sans avoir mis les pieds à l'hippodrome. Le Pari Mutuel Urbain est né.

« Cette suppression est votée par la Chambre des députés le 12 mars 1930. La conception du pari mutuel urbain est reconnue officiellement par un décret publié le 11 juillet 1930. » — Wikipédia — Pari mutuel

Aux commandes, un polytechnicien de trente-trois ans, ingénieur des Ponts et Chaussées : André Carrus. Il n’y connaît rien aux courses mais a un sens redoutable de l’organisation. Il dirigera la Compagnie du Pari Mutuel pendant quarante ans, traversant la guerre, la Libération, les Trente Glorieuses. C’est lui qui inventera le Tiercé en 1954, puis tout ce qui s’ensuit.

Le PMU ouvre dans les cafés-tabacs des grandes villes — Paris d’abord, puis la province. Quatre-vingt-seize ans plus tard, on compte 13 200 points de vente PMU en France.

Au comptoir du Marigny, on prend des paris hippiques tous les jours. C’est l’héritage direct de cette loi votée en mars 1930, et de ces six mots qu’on a fait disparaître.