22 janvier 1954, hippodrome d'Enghien, près de Paris. Le Prix Uranie va se courir devant une foule clairsemée par le froid. Personne ne sait que cet après-midi va changer pour toujours le rapport des Français aux paris. André Carrus, dirigeant du PMU depuis vingt-quatre ans, vient d'inventer un nouveau type de pari. Le parieur doit désigner les trois premiers chevaux dans l'ordre exact d'arrivée. Pour une mise dérisoire, des sommes considérables sont en jeu. Le pari porte un nom court, sonore, qu'on retient instantanément : Tiercé.
« Le tiercé entama sa carrière à Paris le 22 janvier 1954 dans le Prix Uranie. » — Wikipédia — Tiercé
Le nom vient d’un village d’Anjou, là où la famille Carrus a ses racines. L’idée, selon une anecdote tenace, lui aurait été soufflée par Guy Lux — bien avant qu’il ne devienne présentateur télé. Alors employé dans une quincaillerie de Boulogne-Billancourt, Lux avait mis en place un petit pari mutuel avec récompenses en bons d’achat. Le mécanisme avait frappé Carrus.
Le succès du Tiercé sera foudroyant : un phénomène national en quelques mois, retransmis à la télévision dès 1956, commenté par Léon Zitrone. Suivront le Quarté en 1976, le Quinté+ en 1989.
Soixante-douze ans plus tard, le mot Tiercé est entré dans la langue courante — on dit « gagner au tiercé » pour gagner gros sans effort. Au Marigny, on prend toujours des Tiercés. La grille a changé. Le frisson, jamais.